Contacts

  • White Facebook Icon

Rejoignez-nous sur Facebook

Lucas BOISSÉ :

06 68 97 69 82

Nuria DEBRUILLE :

06 48 80 36 30

Suivez nous sur Viméo

MICHEL PRADET 

LES RELATIONS (ARTIFICIELLEMENT) CONFLICTUELLES ENTRE LE SPORT ET L'EPS

Présentation de Michel Pradet par Lucas Boissé (3A)

 

Michel Pradet, professeur agrégé d’EPS, a été professeur à l’INSEP. Il a un BE niveau 3 d’Athlétisme et un DESS ingénierie de la préparation physique. Il a également été  international en athlétisme (400m Haies, Décathlon et saut en hauteur). Tout cela lui permet donc de porter une double casquette : à la fois du milieu fédéral et de l’EPS.

1. Les relations entre le sport et l'EPS selon Michel Pradet : l'EPS à la recherche d'une identité

En ayant toujours été impliqué dans les 2 tenants du sport (fédéral et EPS), M. Pradet souligne l’intérêt de penser aux similitudes entre ces 2 milieux plutôt qu’aux différences (dans l’imaginaire, il caricature l’horrible sport de haut niveau d’une part, et les collègues d’EPS indécis d’autre part).

Celui qui s’entraine une fois par semaine dans son petit club, qui a match le weekend (quand il ne reste pas sur le banc), on considère qu’il fait du sport. Pourtant, pourquoi pourrait-il développer ses ressources dans ces conditions mais pas en EPS ?

Selon M. Pradet, le thème du sport est porteur de la plupart des anathèmes.

Il connait assez bien le sport de haut niveau (SHN) pour en reconnaître les déviances, mais rappelle que cela ne représente que 3% du milieu sportif. L’opposition entre l’EPS et le sport est en réalité une opposition entre l’EPS et le SHN. Cette relation conflictuelle entre les 2 est encore plus pesante du côté des enseignants d’EPS que dans le milieu sportif. En effet, les enseignants d’EPS discriminent le sport, et dans l’autre sens c’est plutôt vrai par réaction que par conviction. Cette façon de penser a été souvent formatée : on a eu tendance à véhiculer cette idée, mais en réalité c’était plutôt pour donner une identité à l’EPS, identité qu’elle avait beaucoup de mal à trouver. Comme palliatif à cette identité virtuelle, l’EPS a pris comme option de dire ce qu’elle n’était pas.

A propos des nouveaux textes,  M. Pradet trouve qu'ils sont compliqués à aborder pour les parents d’élèves. Il évoque l'idée que l’on fait dans le compliqué car on veut faire en sorte de ne pas perdre notre discipline d’enseignement. Les enseignants veulent tellement être considérés comme des praxéologues des pratiques motrices qu’ils le font d’une mauvaise façon. On est devenu une discipline attrape-tout (citoyenneté, solidarité…), qui en oublie parfois le MOTEUR.

Vous connaissez l’expression « EPS en miettes ? ». Aujourd’hui, on est presque une EPS en poudre ! En effet, on peut se questionner : qu’est-ce que l’EPS ? Qui serait capable de dire où ça commence et où ça finit ? S’il y a différentes disciplines dans le milieu scolaire, c’est pour que l’on soit fiers de notre spécificité. On a un créneau à ce propos, mais on le lâche pour se fondre dans l’orthodoxie scolaire.

Pour rappel, 60% des entraineurs sont enseignants d’EPS : ils ne changent pas vraiment de casquette, ils restent des pédagogues ! Tous les objectifs de l’EPS et du système éducatifs sont revendiqués par Pradet, mais au travers de la motricité. Ce n’est pas par le discours qu’on va socialiser les élèves mais par la mise en œuvre, les échanges sur le terrain. Or, envisager les CMS de façon parfois surplombante fait se déliter la spécificité de notre discipline.

Selon M. Pradet, l’EPS est la plus belle discipline et c’est justement parce que l’on est différent, ce serait dommage de vouloir ressembler à tout le monde !

2. Débat : questions (en italique)/réponses

A. Les pratiques sociales de référence

Selon moi, les comparaisons ne se font pas que avec le SHN, mais justement avec le petit club : en EPS il faut introduire quelque chose de plus scolaire. Si les profs cherchent à modifier les choses, c’est parce que le contexte n’est pas le même et non pas pour aller à l’encontre du sport. (les pratiques sociales de références en EPS).

M. Pradet est tout à fait d’accord sur le fait que sport et EPS ne sont pas la même chose. Il cite JY Rochex pour son idée selon laquelle il faut « partir des représentations des élèves pour les amener à aller plus loin ». Et il souligne qu’à vouloir scolariser les activités on en perd parfois le sens et l’intérêt. Il s’agit donc de trouver un juste milieu.

Il donne l’exemple d’un élève, le meilleur de la classe en EPS en badminton, qui se retrouve avec le plus mauvais pour tout le cycle, dans un rôle de tuteur qui va, à la longue altérer leurs relations sociales sans réellement permettre de maintenir l’engagement et les progrès de chacun des élèves. De la même manière, faire de l’athlétisme (sprint 30m) sans chronomètre pour ne pas insister sur la performance, mais insister sur le cycle avant / arrière est plus techniciste que le sport fédéral !

 

M. Pradet est donc complètement d’accord qu’il est intéressant de mettre une touche de scolaire dans ce contexte de l’école. Il faudrait arriver à scolariser des activités qui ne le sont pas, mais quand on essaie de scolariser des pratiques qui ne sont pas des pratiques de référence, c’est un tollé. Certaines activités méconnues sont mal scolarisées ! Par exemple, le 3x500m : dans la volonté d’origine, on ne sanctionnait pas l’élève quand il allait plus vite sur les différentes courses !

Quand on connait mal les APS, on a tendance à vouloir plaquer le SHN sur le scolaire. Mais les problèmes qui se posent aux élèves sont différents de ceux des SHN, ce qui suppose des adaptations dans les mises en œuvre des profs d’EPS. Par exemple, l’aire de lancer de poids est trop petite pour les SHN. Pour faire vivre cette difficulté aux élèves il faudrait un diamètre d’1m. Idem sur le poids de l’objet, qui représente un certaine contrainte (diamètre, % du poids des athlètes) à il faudrait faire lancer les élèves avec un ballon de basket, qui présenterait l’avantage d’induire un meilleure positionnement. Il pourrait aussi être intéressant de baliser la performance correspondant au 3ème rebond : les élèves se rendent comptent que, pour progresser, il faut lancer avec plus d’amplitude, et avec un angle de 45° pour que le rebond aille loin. De même, pourquoi pas lancer face à face pour augmenter le nombre de répétitions ? Ca, c’est BIEN scolariser les Pratiques Sociales de Référence (PSR), mais c’est tout SAUF proposer les PSR !

Selon M. Pradet, on n’enseigne pas aux collègues une compréhension suffisamment intime des pratiques comme en témoignent les 23 APS au CAPEPS à son époque. Or, la compréhension de ces APS est nécessaire pour les didactiser, même si parfois on fait du copier coller des PSR dans un 1er temps. Il faudrait être aussi pointu en Sciences de la Vie, Sciences Humaines et Sociales et en APS à cela permettrait de faire des propositions acceptables et compréhensibles par tout le monde.

 

B. La formation des enseignants : du STAPS à la formation continue

A l’heure où dans les programmes ce ne sont plus les APSA mais des compétences, comment atteindre cet objectif ? 

Cela pose la question de la liberté dans les programmes. On ne peut pas avoir une connaissance de toutes les activités composant les compétences attendues. Transférons la logique précédente : importance de la formation continue. Il faudrait se mettre en collectif pour se former au niveau pédagogique (au sein de l’équipe EPS, en fonction de la programmation et des spécialités de chacun). Il souligne que l’esprit de corporation qui se perd un peu. La programmation d'EPS devient intéressante si l'on travaille en équipe !

« Quand on veut on trouve des moyens, quand on ne veut pas on trouve des excuses ». Tout n’est pas simple mais il faut se donner les moyens. Même si l'on ne peut pas être spécialistes de tout, il faut se former. Or, les FPC perdent de l’ampleur.

Il y a des choses qu’il ne faut pas abandonner, tout en s’enrichissant de ce qui est nouveau (même si parfois c’est un retour à des choses qui existaient déjà avant).

En STAPS, on a formé des gens ayant un bon niveau, mais on ne forme plus des vrais professionnels. On est passé de la formation pour une profession à une formation pour un niveau de compétence.

Bin sûr que c’est possible de développer les ressources énergétiques en milieu scolaire, mais pour le faire, c’est sûr qu’il faut s’en préoccuper (ça doit être un soubassement de tout).

 

C. L'évaluation en EPS et la question des ressources initiales

Contexte Lycée Professionnel dans le 92 : quand j’utilise du sport et des activités culturelles, c’est ce qui cristallise le plus les inégalités entre les élèves. Je n’ai pas l’impression de pouvoir évaluer les progrès des élèves et ce que je vais leur apprendre, mais plutôt d’évaluer ce qu’ils ont développé avant les cours d’EPS (et non pendant).  

J’aurais tendance à dire que tu n’as pas suffisamment bien didactisé les activités qui servent de référence (plus dans l'idée qu’il faut accepter les différences de ressources initiales, mais faire progresser tout le monde à sa mesure même si le résultat final est « inégal »).

En faisant trop de copier-coller, on ne peut pas favoriser le progrès : par exemple, demander aux élèves une course curviligne en saut en hauteur n’est pas utile tant qu’ils ne savent pas courir inclinés pour une prise d’avance des appuis etc.

Si on voit les APS en disant « il faut d’abord régler le problème d’équilibre pour pouvoir proposer des solutions de propulsion », On se trompe dans la progression des élèves, qui ne se fait pas par étapes mais par allers retours.

Les problèmes des débutants dans une activité, c’est toujours un problème d’équilibre. Il n’y a qu’à voir en athlétisme : lance plus loin sans élan, part plus vite sans starting blocks, car ce sont des sources de déséquilibre.

 

Oui, mais : contexte LP 4x50m, départ en starting blocks dans les textes ?

 

Il répond qu’il y a des incohérences dans les textes institutionnels, l’inspection n’est pas omnisciente, même si la contrainte reste véritable aux épreuves certificatives.

Et retour sur le temps que l’on a pour faire apprendre et développer les ressources : pourquoi serait-on la seule discipline à ne pas donner de devoirs à la maison ? Ou leur donner le gout d’aller développer certaines choses en dehors ? D’autant plus qu’en ce qui concerne le développement des ressources, le niveau physique est de plus en plus bas, donc c’est facile de les faire progresser (par rapport aux 10 ans de carrière passés à faire gagner quelques dixièmes à un sportif de HN).

 

Un autre exemple de la mauvaise didactisation des activités. En 400 haies, on voudrait que les élèves attaquent de loin et ramènent la jambe sur le côté, alors qu’on leur met des haies très basses à ils ont plus à gagner à franchir en ramenant la jambe dans l’axe ! On s’attache à des points de détails qui perturbent l’équilibre des enfants. Alors qu’il faut d’abord améliorer leur équilibre et après leur demander d’attaquer loin. On propose des choses issues des pratiques de HN aux élèves alors qu’ils n’ont pas les ressources pour ! Cela ne fait donc pas sens pour les élèves. Mieux vaut d’abord leur demander d’attaquer de près mais en courant vite, et en variant la distance entre les haies.

D. La place de la compétition : au niveau fédéral et au niveau scolaire 

 

Problématique de l’apprentissage des simulations de fautes à un niveau départemental en handball (en club). On souffre de cela en EPS, et c’est ce qui est retenu dans le conflit EPS/sport

Bien sûr l’engagement réciproque doit aller dans les 2 sens ! On devrait s’approprier certaines pratiques de l’entrainement et vice versa, tout en gardant des valeurs centrales.

Les thèses en didactique devraient apporter des solutions : par exemple comparer la vitesse d’apprentissage entre un copier coller des PSR et l’usage d’une autre méthode.

 

Et la problématique de la gagne ? Car on a tendance en EPS à essayer de relativiser, mais en UNSS quand ça commence à tricher ça énerve aussi les profs !

Il faut transformer scolairement les pratiques, alors pourquoi pas les compétitions ? La compétition est partout dans la société donc c’est bien d’y préparer les élèves.

Exemple des compétitions à handicap : une part du résultat est liée au niveau de ressources initiales, et une autre part est liée au handicap. Il faut organiser des compétitions entre élèves de niveaux différents mais qui ont tous leurs chances grâce aux handicaps. Les élèves se tirent la bourre tant que tout le monde a ses chances ! Aide aussi pour la socialisation et l’engagement. Les courses à handicap sont une forme de didactisation / scolarisation de la compétition. Il y a des formes de compétition qui peuvent amener à la citoyenneté motrice. Et il ne faut pas faire de demi-mesures, face à la tricherie par exemple. Par ailleurs, il faut, en tant que professeur, être exemplaire en matchs. Il faut se regarder avec indulgence et réalité.

Et dans cette compétition, celui qui bat celui avec un handicap aura une meilleure note ?

Non car il gagne la compétition mais pas la performance initiale. Certes c’est scandalisant de sabrer les moins bons, mais aussi les meilleurs ! Existe-t-il une égalité au départ ?

Il faut partir d’une réalité concrète. Le « meilleur niveau » n’est pas inné, ni fait à l’école, mais équivaut à des devoirs à la maison. Il faut qu’on trouve des compensations, avec des rattrapages possibles. L’égalité n’est pas affaire de ressemblance.

 

Quid de ceux qui ne viennent que de l’EPS, qui n’ont jamais supporté l’ambiance compétition du club et qui ont pratiqué plein d’activités différentes ?

La polyvalence de motricité est intéressante, mais peu importe qu’elle soit fait en EPS ou en club. Si la compétition en club a posé problème, c’est compréhensible car elle n’est pas scolarisée, c’est comme celle de HN (alors qu’en EPS elle doit être scolarisée), elle donne une part importante au potentiel.

Les 2 approches (sport et EPS) se soustraient l’une de l’autre alors qu’elles devraient s’additionner.

 

Comment les amener à faire des « devoirs à la maison » ? Il faut les accrocher, en partant de leurs représentations ; faire comprendre aux enfants que ce qu’ils font à l’école pourrait les intéresser en étant fait différemment en dehors et/ou club (progresser encore dans une activité sportive).

Didactiser une activité, c’est mettre en place les possibilités de progresser vite ! Il existe toujours des solutions simples pour faire progresser les gens à permet de les accrocher à puis de les orienter avec des devoirs.

Tous les objectifs de l’EPS sont bons, mais gérer sa santé, ce n’est pas aller courir 20min. Il vaut mieux faire de l’intermittent pour avoir un impact énergétique. Le problème de la course continue, ça se joue dans la tête. Physiologiquement, c’est l’intermittent qui est payant.

 

Mais quand on arrive en club (même si on a touché à tout), les autres sont tous meilleurs et on n’a pas de conseils pour progresser…

Cela vient de cette césure entre club et EPS, la formation des entraineurs devrait être aussi longue et poussée que celle des profs d’EPS – avant cela faisait partie de la formation.

E. Des enseignants d'EPS spécialistes d'une APSA ou polyvalents dans une diversité d'APSA ?  

 

Quel sens y a-t-il de continuer à encourager les profs d’EPS à être vraiment spécialiste dans une discipline (choix d’une spécialité au concours) s’il faut être capable de didactiser autant d’activités ? Il faudrait être spécialiste dans celles-ci…? (Spécialisation des enseignants) 

Il y a une différence entre être spécialiste et avoir une connaissance des fondamentaux de l’individu, et de ce qui est important dans l’APSA. Ce n’est pas l’objectif d’être un spécialiste de toutes les APSA, mais il serait plus intéressant de faire un travail commun dans l’équipe, visant à définir les APS faisables dans l’EPLE. La moindre des choses ensuite, après avoir arrêté la programmation, serait de s’y former spécifiquement. Si tu es spécialiste d’une activité, tu dois quand même avoir envie de te retrousser les manches pour te former aux autres que tu vas enseigner (FPC liées au local ++). De plus, pour bien connaitre les problèmes des débutants, c’est vrai qu’il est important de s’y confronter un peu.

Il existe plein d’avantages dans les STAPS, mais ne pas oublier que les APS devraient être au cœur.

Tendance à dire pour l’athlétisme : « Habileté fermée, esprit ouvert » ;)

 

F. Didactiser les APS

Justement, il me semple plus compliqué d’avoir cette transposition didactique, cette compréhension globale dans certaines activités (autres que l’athlétisme).

Cette démarche existe (bibliographie fournie). Il faut déjà essayer de faire ça dans les activités que l’on connait. C’est aussi un état d’esprit !

Exemple d’une copie d’agrégation (écrit 2 – 19/20) sur la mixité, qui commence par : « Oh M’dame, moi j’arrête de jouer les garçons ne me donnent plus la balle » . Une des solutions serait de créer des règles pour montrer qu’il y a une obligation de faire la passe. Idée développée et référencée dans le paragraphe. Puis dans le paragraphe suivant : « Oh, oui, ils me donnent la balle, mais c’est parce qu’ils sont obligés » … La copie continue avec des propositions de solutions de plus en plus didactisées et l’élève revenait toujours. En conclusion : « nous aurons atteint notre objectif de mixité en EP quand l’élève viendra en disant « Oh M’dame, on les a battus ! ». --> Il n’y a jamais une seule et unique solution, elles apparaissent aussi avec les progrès.

A un certain niveau de pratique, il faut régler les problèmes d’équilibre, puis viennent des problèmes de propulsion (il faut attaquer plus loin) qui créent des nouveaux problèmes d’équilibre ! Il y a donc des aller retours à considérer dans les apprentissages, plutôt que de faire des copier coller il faut prendre en compte les ressources des élèves.

 

Par exemple, griffer derrière la haie n’est une solution que quand l’élève a résolu les problèmes d’équilibre. Ce genre de problème peut aussi se poser à HN. En haies, il y a 9m14 entre les haies (3 foulées). M. Pradet est persuadé que le WR sera battu en 2 foulées, mais cela nécessite de franchir des 2 jambes (et donc une adaptation de l’entrainement). En scolaire, on leur demande aussi 3 foulées dans l’intervalle, mais ce n’est pas dans le règlement, 4 ou 5 foulées sont bien mieux.

Il vaut mieux garder la moelle de l’activité scolairement didactisée (dont ferait bien de s’inspirer les entraîneurs de clubs, surtout à petit niveau). Cela peut se trouver dans les livres simples (ce qui est différent de simpliste, car la simplicité est la chose la plus dure au monde).

 

Que pensez-vous de l’idée des jeux traditionnels pour développer les qualités socio motrices des élèves ? Sachant que là ils partent sur un pied d’égalité.

Ça a été un très bon prof Pierre Parlebas, qui venait sur le terrain. Bien sûr que les jeux traditionnels sont des pratiques. La Pelote basque est bien un sport par exemple. Tout dépend ce que tu recherches, si l‘objectif de cycle est la socialisation, pourquoi ne pas recourir à ces outils ? Toutes les APS sont des outils, mais ils faut bien s’en servir en fonction des objectifs poursuivis (par exemple, il faut être lucide, ce n’est pas l’athlétisme qui favorise le plus la socialisation). De même, l’aménagement des jeux traditionnels peut permettre de développer certaines ressources, d’une autre manière.

Ca me questionne un peu que l’on parle toujours d’« Entraineur » en club… parce que pour moi, on « n’entraine » pas des 4-5 ans !

Les termes sont galvaudés, savez-vous quelle est la définition de « entraineur » ? Celui qui arrive à générer de l’entrain. Quand tu entraînes, tu crées un mouvement, une dynamique. Bien sûr, il y a des connotations. Le problème c’est que la notion entraineur en club n’est pas celle là mais celle de l’imaginaire des gens ; mais il y aussi des gens qui vont en EPS en traînant les pieds.

Les profs d’EPS se posent parfois trop de questions, mais on est aussi des entraîneurs : ça vous dérange qu’on vous appelle prof de sport ? Pourtant, vous en faites un peu. Et même si vous savez que vous n’en êtes pas, on peut comprendre que les gens nous appellent comme ça ! A nous de redonner une valeur altruiste au terme d’entraineur.

Dans les formations fédérales, il y a plus d’intérêt pour ce qui est fait en EPS que l’inverse. Et les entraineurs sont plutôt moins bien formés. Le corps doit être quelque chose qui doit être respecté, la santé aussi, car c’est quelque chose que l’on doit supporter toute notre vie à et c’est bien un objectif commun à l’EPS et au sport.

Mais certaines activités sont difficilement didactisables et peu motivantes : ex du lancer de javelot.

 

Pourquoi lancer un javelot déjà ? Pourquoi pas un vortex ? Avant, au javelot, la performance était calculée à partir de l’addition des distances bras droit + bras gauche. Sachant ça, je peux didactiser en y revenant, si je veux des progrès !

Exemple de la flèche polynésienne : même principes de base, mais une corde allonge le chemin de lancement. Cela permet de lancer plus loin, provoque plus d’émotions, souligne l’intérêt à lancer plus bas car pour des distances de 60m il y a des effets de portance.

A nous de faire preuve d’imagination, de bouleverser les PSR, de les remplacer par des choses qui plaisent aux élèves en EPS. Idem en entrainement, il faut anticiper aussi sur l’évolution des épreuves, avoir conscience de la société actuelle.

3. Le mot de la fin

J’ai été provocateur et caricatural exprès, mais le but était de rentrer dans un vrai échange. Rendez l’athlétisme plaisant, tout en respectant ses principes (on ne peut pas non plus faire ce qu’on veut) à  on me donne un cadre et à l’intérieur je fais ce qui est le plus efficace (et donc adapté à mes ressources), sans devoir toujours coller à une technique précise. Si nous on ne fait pas ça, ce n’est pas les entraîneurs qui vont le faire ; il faut qu’on exploite nos nombreuses années d’études pour bouleverser, se révolter, tenter des choses car ce n’est pas les vieux qui vont le faire (tendance à entrer dans des routines…) !

 

 

Merci à Michel Pradet pour sa contribution et la qualité des échanges que nous avons pu partager !